Traversée du paso Hua Hum tôt le matin ( il faut réveiller les douaniers et gendarmes ! ) pour arriver à l'extrémité sud du lago Pirihueico où en principe une barcaza fait la navette une fois par jour hors saison ( 3 fois en saison ) mais on n'en sait pas plus. On apprend que le départ est à 15h et qu'il faut prendre les tickets à bord. Comme on n'a pas idée de l'affluence on reste vers le débarcadère. L'idée était de passer une nuit ici mais le seul truc qu'on trouve est fermé et pour le camping c'est toujours pareil : il pleut et notre motivation est faible. Dommage car en regardant le coin sur google earth maintenant je vois que l'arrivée du rio Hua Hum n'était vraiment pas loin et qu'il y a aussi 3 petites lagunas prometeuses à proximité ...

en barcaza sur le lago Pirihueico

Arrivée de l'autre côté à Puerto Fuy, le temps s'est amélioré et on trouve une cabaña pas chère mais à confort réduit. J'opte pour un coup du soir sur le lac en marchant vers un affluent sur la gauche mais c'est en revenant juste à côté de la baignade que je touche du joli poisson ( fario et AOC ) car il y a quelques algues sur le fond dans cette zone.

Le lendemain petit essai non concluant au départ du rio Fuy qui commence par un magnifique pozon pourtant prometteur.

En route pour Panguipulli et les contingences du voyage ( courses , lavanderia ... ). Rien à faire là bas point de vue pêche. On est remonté le long du lago Pullinque ( il a l'air sympa mais points d'accès difficiles à trouver ). Sur la rive droite, une piste arrive jusqu'au lago Calafquen. Pas beaucoup de possibilités non plus alors je suis allé demander à la première maison et le gars m'a proposé de m'emmener en bateau au départ du rio Pullinque pour 5000 pesos de l'heure. Devant sa gentillesse et un prix aussi ridicule ( 8 euros ) j'ai accepté et me voilà pour la première fois à lancer ma mouche depuis un bateau ou hélas plus exactement à pêcher à la traine à la mouche, ce qui n'est pas très intéressant. Une petite heure pour rien finalement car même avec un streamer lourd et une ligne plongeante rapide je n'arrivais pas à descendre assez bas pour aller taquiner les grosses qui, parait il, se tiennent sur ce poste.

en bateau sur le lago Calafquen

Le soleil étant revenu pour une journée, ça aura au moins eu le mérite de la promenade et de la discussion avec Hector. Nous partons ensuite vers le desagüe du lago Riñihué, qui est l'endroit où se forme le rio san pedro, réunion ultime de tous ces rios qui formera plus loin le rio Calle Calle allant à Valdivia. Une discussion avec des chiliens m'ayant convaincu que c'était un des seuls points à essayer pour un moucheur comme moi.

Arrivée là bas nous prenons une chambre à l'hotel Riñimapu ( le seul truc du coin ) qui est superbe et qui sera notre séjour le plus cher ( plus de 80 euros la chambre ! ). Mais on est les seuls clients et soignés comme des coqs en pâte. Le rio San Pedro est ... immense. J'essaie un peu en bas de l'hotel et à force d'insistance j'attrape une AEC de 45 cms, mais le rio est vite très profond avec des bords infréquentables ... Que faire ? Je demande à l'hotel qui me propose une barque avec le bottero mais ici le tarif monte un peu ( 7500 pesos de l'heure ). Rendez vous est donc pris pour 19h et ma deuxième expérience en bateau suit la première de près.

Le bottero me dit que c'est meilleur sur le rio que sur le lac. On le descend alors sur près d'un kilomètre où il est plutôt rapide mais très calme, jusqu'à arriver au début des vrais rapide où il maintient sans effort apparent la barque au même niveau. Je laisse défiler la mouche vers les rapides et effectivement c'est là que ça prend. Je sors 3 ou 4 AEC puis une grosse touche, 4 à 5 minutes pour amener le poisson sous la barque un poisson que j'estime à un peu plus de 60 cms qui finalement coupe le fil. Encore 1 ou 2 prises sur le chemin du retour et ma deuxième expérience de pêche en bateau s'achève, plus concluante que la première, mais pas plus convaincante pour moi car j'ai vraiment eu l'impression que c'était le rameur qui pêchait. Pourtant, il y a des fois, comme ici, où il est évident que la recherche du poisson est bien plus efficace avec un bateau.

rio san pedro

Départ ensuite direction Choshuenco où je veux essayer le rio Enco, autre endroit manifestement réputé pour les moucheurs.

Après Choshuenco, à l'entrée de la piste qui va vers le rio Enco des panneaux avertissent le pêcheur que le rio est "protégé" ( mosca solo & no kill ) depuis 2010. Manifestement il y a eu de l'abus et certains se rendent compte qu'ils tuent la poule aux oeufs d'or. Il faut savoir que les touristes chiliens sont connus pour ne rien respecter. J'ai eu l'occasion de voir plusieurs fois ( y compris sur ce rio malgré les panneaux ) des groupes de chiliens arriver et bombarder la rivière avec des cuillères et pas dans le but de faire des photos ...

Le gars des cabañas Rucapillan ( cabaña pour 2/3 à 28 000 pesos soit un peu plus de 40 euros ) m'indique un accès facile : prendre le camino publico vers Enco et à 5 ou 6 km s'arrêter à un corral tout neuf à gauche. Un portail en face donne accès à un chemin qui arrive en 300m sur une plage de sable et gravier qui laisse un pool de 200m à pêcher. J'essaie directement en nymphe et je sors plusieurs AEC entre 30 et 45 cms. Je suis revenu 2 ou 3 fois sur ce seul accès facile et il a toujours été productif mais à la fin la pluie avait fini par grossir le rio Enco et surtout le petit affluent en haut du pool colorait de plus en plus le rio ( les farios étaient + mordeuses ! ).

pozon en rio encon

arco iris rio enco

A noter aussi sur ce pozon : 2 contrôles de la sernapesca ! Incroyable ! Mais en fait ils se bougent pour cause de Didymo et ils m'ont annoncé les rios Enco et Fuy venaient d'être déclarés positifs. Snif ...

On est resté 4 ou 5 nuits à Choshuenco. Le temps devenait de pire en pire et ça se voyait sur les rivières. A part ce pozon sur le rio Enco j'ai essayé une fois le rio Fuy mais en traversant les terrains privés du Fundo Molco ( piste d'atterrissage privée ! ) depuis le village et j'ai pris ... un saumon. Il dépassait à peine le kg mais je me demande ce qu'il faisait là à cette époque.

Les derniers jours se feront en compagnie de Gil et Pedro arrivés de Santiago en bus. Avec toujours plus de pluie. Mes deux derniers essais pour la pêche : le rio Llancahué à son arrivée dans le lago Calafquen, pas concluant, mais rio en crue. Un riverain m'a dit que les truites et saumons y étaient en nombre en mars. Puis pour finir en beauté nous sommes retourné au lago Tinquilco vers Pucon. Carlos, le proprio que nous avions laissé dans les vaps après une soirée trop arrosée nous a accueillis avec plaisir dans une cabaña pour 4 et m'a dit "prend la barque c'est gratuit".

Je ne me suis donc pas gêné pour les coups du soir et du matin car il n'y avait pas de vent et c'était gérable seul en barque. Et là encore, belle pêche depuis la barque. Des belles farios d'environ 50 cms très combatives et quelques AEC.

Voilà, c'est fini pour ce résumé et bien que la pêche ait été très positive, je sais déjà que je suis passé à côté de plein de choses. Le temps ne nous a pas gâté et ne poussait pas à l'exploration sac au dos. Il me reste au moins maintenant à essayer cette région en mars/avril pour voir une autre configuration de pêche et donc re-découvrir ...