Martine et Olivier ALLAIS

Chambres et table d'hôtes dans les Hautes Corbières

Résumé de la partie "pêche" d'un voyage 2011 en Argentine et au Chili

Publié le lundi 28 mars 2011


Sur le même principe que 2007 et 2009, un petit resumé sur le voyage pour la pêche.

Je profite des 20 heures de bus pour relier Bariloche à Buenos Aires pour commencer ce résumé. Et bien sûr du fait d'avoir emporté mon pocket PC. Ce fut une bonne initiative car on a trouvé partout des réseaux WiFi acceptables ce qui nous a évité les café internet.

L'idée initiale du voyage était de faire les parties de la Patagonie qui nous étaient inconnues avec quand même un peu de passage en terre connue. L'originalité était le fait de faire le voyage à 4 ( 2 couples ) suite à un contact sur le forum gobages.com. Hélas très rapidement l'incompatibilité entre nous et le couple « re + yvon » a été telle que la séparation était inévitable. Je n'avais préparé que les 10 premiers jours du voyage, la partie la plus au sud vers Punta Arenas, et on a quand même réussi à se supporter jusqu'à rendre la voiture de location et le départ pour Coyhaique. Quand je dis préparé ce sont des heures passées sur Internet , google earth, forums de pêche argentins et chiliens. Alors que pendant ce temps, re m'envoyait des rafales de mails avec des liens obtenus en première page de google sur des requètes genre « argentina fishing » ou « esquel trout » ! Vous pouvez essayer et çà ne vous mènera pas loin !

Pêcher en patagonie c'est choisir entre deux options : le « clefs en main » : lodge + guide + … souvent à près de 1000 US$ la journée ou le « do it yourself » qui est largement possible mais implique un minimum de préparation, et surtout un contact avec les locaux pour la recherche d'infos. Evidemment quand on ne parle pas un mot d'espagnol comme re et yvon çà commence mal …

Ces petites précisions étant données je vais essayer de donner par zone ce qu'on a fait ( et ce qu'on aurait pu ou du faire ) et les bons contacts quand c'est possible.

Il s'agit de notre 4ème passage en patagonie et parmi ces 4 passages, seulement le 2ème intégralement consacré au couple Chili / Argentine.

Remarques préliminaires

Pour pêcher en Patagonie il faut tenir compte de plusieurs choses importantes

Le vent

Il est quasi constant, souvent fort et peut rendre la pêche difficile voire impossible. Il complique en tous cas la pêche à vue et la pêche en sèche.

La saison

Janvier/février correspond aux vacances scolaires chiliennes et argentines et à l'afflux maximum de touristes et de pêcheurs. De plus les rivières sont à leur plus bas ( wading + facile ) ce qui implique que les gros poissons sont généralement retournés dans les lacs que ces rivières connectent. Dans les lacs l'eau se réchauffe et les poissons sont repartis vers les eaux plus froides du fond. Çà complique bien sûr les choses mais il reste encore des possibilités.

La pression de pêche

Elle est réelle et parfois même impressionnante ( Chimehuin autour de Junin ). De plus les argentins ( c'est encore plus vrai pour les chiliens ) ne se gênent pas pour pêcher à la cuillère sans limite sous les panneaux « pesca con mosca y devolucion obligatoria ». Il semble que la licence de pêche soit juste un impôt pour les touristes étrangers.

Au Chili j'ai quelques références car j'y suis passé pour la première fois il y a 14 ans, l'évolution est impressionnante. Dans les lieux faciles d'accès c'est récuré ! Comme exemple, le rio Cisnes au puente Cisnes sur la carretera austral. Il y a là un pool où il y a 14 ans j'avais ( à la cuillère ) accroché un poisson de plus de 1m qui avait eu raison de mon 24/100. Ce pool grouillait littéralement de truites de 40+. Cette année on s'y est arrêté ( nostalgie ! ) et en une soirée j'ai bien vu sauter un saumon mais je n'y ai pas vu une truite … De plus en plus de chiliens vont découvrir leur pays au sud et question pêche ce sont principalement des matadores. Il y a plein de choses à faire encore au Chili mais il ne faut pas espérer jeter sa mouche dans la première rivière croisée et sortir les poissons de + de 1kg à la queue leu leu.

L'accès aux zones de pêche

Même si dans les deux pays la loi dit que les cours d'eaux sont publics, l'accès aux coins de pêche nécessite parfois de traverser d'immenses estancias privées ce qui y rend la pêche problématique. Le cas du rio Traful tenu par 3 estancias dont celle de Ted Turner qui paye des gardes armés est emblématique. Je suis même passé sur la Quilquihué à l'endroit où en 2006 un pêcheur argentin ( Cristian Gonzalez ) s'est fait assassiner par un de ces gardes privés.

Enfin last but not least : le bateau

Pour accéder aux meilleurs coins de pêche c'est souvent la seule solution et j'espérais qu'à deux pêcheurs on allait pouvoir y goûter un peu mais c'est raté. Comme dit B.Mattison dans son guide j'étais encore une fois un « shore bound angler » condamné à ramper dans les taillis pour trouver un espace où lancer ma mouche ou à risquer des wadings un peu osés ...

Détails pratiques

En 2011 , taux de change - 10 000 ch$ = 15 € 100 ar$ = 19 €

Licences de pêche - Chili : 32000 ch$ Argentine : 430 ar$

Un livre indispensable pour la partie Argentine : Fly Fishing Patagonia

J'ai rencontré au bord de la Malleo un ami d'un des auteurs qui tenait pour la saison un lodge de pêche sur la Chimehuin ( à 4000$ la semaine ). J'ai pas mal discuté avec lui et partagé mon peu d'expérience et il m'a donné d'autres idées. A quand le même livre sur le Chili ?

Le parcours

Punta Arenas

Arrivée à Punta Arenas au Chili via Rio Gallegos en Argentine et logement 2 nuits chez >Rodriguo qui nous loue aussi un L200 pour 10 jours 450 000 ch$ ce qui fait moins de 70 euros par jour. On ne trouvera jamais moins cher et en plus il est pas du genre à vous compter une rayure sur la carrosserie au retour pour faire monter la note.

Une journée d'excursion vers le sud sous la pluie jusqu'à Fuerte Bulnes et au rio San Juan qui est en crue et impêchable. Un arrêt dans le petit parc national de la laguna Parillar. Je vois des pêcheurs je les interroge et ils me parlent de Fontinalis ( Brook Trout , saumon de fontaine ). J'essaie une petite heure et je me fais casser par un poisson que je ne verrai pas, ils sont manifestement plus gros que dans nos lacs des Pyrénées.

Départ ensuite directement pour El Calafate en Argentine pour faire plaisir à yvon ce qui nous vaut une journée un peu débile à 6 ou 7 heures de route. Après la visite du Perito Moreno ( que nous n'aurions pas faite sans eux, l'ayant déjà faite ) un petit essai dans le lago Roca qui se jette dans le Lago Argentino. Je prends une AEC ( Arco Iris , Arc en ciel ) de 40+ au streamer mais cette pêche en lac ne vaut pas le détour.

A notre retour on s'arrête sur le rio Rubens à la Posada Rio Rubens chez Oscar. Cà c'est un bon plan peut être un peu cher ( 25 000 ch$ la chambre ) pour la prestation ( lits pourris, banos compartidos ) mais le repas du soir est super et … il n'y a rien d'autre à moins de 100 kms. Le rio Rubens et son voisin ( 30 kms ) le rio Penitente sont les deux principales rivières qui forment à leur union en Argentine le rio Gallegos célèbre pour ses remontées de truite de mer. Ces poissons anadromes ne doivent arriver que très peu dans la partie chilienne de ces deux cours d'eau mais ils contiennent une population de fario ( Marrones ) importante. On y est resté 3 jours et çà n'a pas été facile de débusquer les belles mais j'en ai sorti quelques unes dans la gamme 40/50 cms et je me suis fait casser par nettement plus gros. Le rio Rubens est facile d'accès depuis le pont en aval sur plus de 5 kms jusqu'à la frontière argentine et sur plus de 15 kms en amont ( une piste le longe vaguement ) dans un cadre boisé magnifique. On a essayé deux fois le rio Penitente qui a un peu plus de débit et qui à son accès à Morro Chico coule dans une steppe sans arbre balayée par le vent. Il faut s'écarter en amont ou en aval pour commencer à trouver des coups intéressants mais il y a à faire.

En allant vers Puerto Natales et le parc Torres del Paine, arrêt aux llanures de Diana accessible depuis la route ( panneau d'accès pêche ) en une marche de 10 minutes. Lagune immense avec canards et Flamands roses. Il doit souvent y avoir du vent mais ce jour là c'était un miroir. J'ai vu un sous marin marsouiner à 5 m du bord mais on a vite laissé tomber.

A proximité du parc Torres del Paine la seule chose à pêcher c'est le rio Serrano mais il est impressionnant de débit et de largeur / profondeur. Il est littéralement farci de saumons à la sortie du lago Toro mais ces poissons sont inaccessibles au pêcheur à pied avec une canne de 9'. J'ai regardé les pêcheurs à la cuillère avec leur 50/100 et cuillère N°5 ou 6 et en 10 minutes celui que je regardais a sorti un saumon de 20kg et en a décroché un autre !

L'entrée pour le TdP est valide 3 jours et on aurait pu y rester plus car c'est vraiment magnifique pour les randonnées ( mais on n'est pas seuls ! ). Pour la pêche il faudrait pouvoir suivre un des petits affluents non glaciaires du lago Toro et faire les arrivées d'eau. Malheureusement toute la zone semble envahie par ces saumons et il semblerait que la population de truite soit depuis en régression.

Un autre petit truc à explorer : un soir où on dormait à Puerto Natales, on a suivi la côte vers le sud jusqu'à arriver à un petit rio ( rio Hollenberg ) qui est la sortie du lago Balmaceda ( lui même suite de la laguna llanures de Diana mais 10 fois plus grand ). On l'a remonté sur quelques centaines de mètres, j'y ai même sorti une fario de 30+ en sèche et je pense qu'à la bonne saison çà doit vraiment valoir le coup.


Coyhaique

On avait réservé 3 nuits chez Hector et Cecilia au lago Tamango et comme on était plus que 2 çà allait nous coûter deux fois plus que prévu mais on n'a pas décommandé et nous voilà donc dans ce lieu que l'on visite pour la troisième fois. C'est toujours aussi beau et magique mais on n'a pas été gâté par le temps avec du vent du froid et des averses. Les truites deviennent plus dures à trouver au bord mais la pêche à vue reste possible et on a fait une balade d'un peu plus d'une heure pour atteindre des baies un peu éloignées et là elles sont plus présentes. Pour illustrer mon avant-propos sur les « matadores », une famille chilienne s'est arrêtée un soir dans une des cabanas et Cristian les a emmenés en bateau. Ils ont un peu pêché à la traine et sont revenus avec 6 truites entre 50 et 60 toutes tuées ! Dans ces lacs où la reproduction doit être problématique ( ruisseaux intermittents ) çà commence à poser des problèmes …

J'avais aussi repéré le lago Verde un peu plus loin sur la carretera et son affluent principal le rio Sin Nombre ( sic ). On peut y accéder par une piste 500 mètres après le pont sur le rio Verde. Cette piste passe ensuite sur le rio et remonte apparemment vers le lago Lapparent ( merci Google Earth ). Lors de notre passage il y avait un vent infernal et une eau glaciale encore trop grise à mon goût. Rien dans le rio et je me suis dirigé vers le delta mais je n'ai pas osé m'approcher assez du lac car c'est dans le genre sable mouvant ( j'ai testé une fois ). Cà restera donc une inconnue. J'ai interrogé les gars des 2 ou 3 maisons là bas et ils m'ont certifié qu'il y avait bien des truites …

Départ ensuite vers le nord de Coyhaique mais là c'est la partie « ratée » du voyage car trop peu de jours et trop de distance à parcourir. Cette zone est immense et pleine de ressources halieutiques mais comme je disais dans mon avant-propos sur le rio Cisnes, il faut explorer et sortir des sentiers battus. Je vais donc citer les eaux abordées ( parfois moins d'une heure ) mais difficile de juger sans avoir pu insister un peu.

Queulat : à faire : les balades dans le parc ( bosque encantado , ventisquero colgante … ) pour profiter de cette forêt humide magique, des fleurs de Copihue et des vues à couper le souffle. Il y a 14 ans j'avais à peine essayé le rio Queulat et pris une fario de 55 cms. Cette fois ci j'ai insisté nettement plus et peiné pour sortir des truites de 20 cms. Je suis allé interroger le proprio de l'eco-lodge où on avait dormi il y a 14 ans et il m'a confirmé que depuis 2 ans ce n'était pas au top. Çà correspond exactement à la date d'installation d'une ferme à saumon dans le fjord à la sortie du rio. Néanmoins il m'a gentiment invité à venir sur ses terrains pour essayer.

Rio Manihuales : c'est le rio qu'on longe d'abord en montant au Nord. Il est donc probablement surpêché mais j'ai essayé un coup et j'ai pris deux belles AEC quand même.

Rio Risopatron : On le longe un peu à sa sortie du lac et j'ai essayé le seul point facile où il y a 2 passerelles. Il est magnifique profond, quasi impossible à faire en wading et enserré dans une végétation exubérante. J'ai sorti 2 AEC de plus de 30 cms et c'est évident qu'il y a à faire mais le problème c'est de trouver un endroit où lancer sa mouche.

Rio Palena : On a dormi dans un B&B rural très sympa ( mirador del rio ). Comme son nom l'indique placé au bord du rio Palena. On marche un peu entre les vaches et hop une falaise de 10 m en terre et voilà le rio Palena qui doit faire du 800 à 1000 m3/sec en période d'étiage avec un lit de plusieurs centaines de mètres de large … autant dire qu'on laisse la canne dans son étui ! On est remonté en direction de Raul Marin Balmaceda le long du rio ( on l'a descendu vers l'ouest ) et on a croisé deux rios. Le 1er, le rio Dinamarca est magnifique, eaux cristallines. Je l'ai essayé sans sortir mieux que des poissons de 20 cms. Le deuxième c'est le rio Risopatron à nouveau et j'ai voulu le pêcher à sa jonction avec le rio Palena. Hélas c'est là que sont prélevés les graviers pour faire les pistes et pêcher à côté de pelles mécaniques farfouillant dans le lit de la rivière n'a pas été concluant.

Déception ( halieutique ) donc pour cette excursion au nord de Coyhaique. Pour s'extraire de Coyhaique, pas facile de trouver des bus alors on a pris un vol SKY Airlines pour Puerto Montt avec l'idée de trouver un passage pour Bariloche. Bus complets et bloqués deux nuits à Puerto Montt. On en a profité pour aller se balader dans le parc Alerces Andino et j'ai jeté ma ligne quelques instants dans le rio Chamiza sans grands résultats.

A faire dans cette région : sur le rio Palena ne pas hésiter à demander à se faire emmener en bateau ( c'est possible au mirador ) et à se faire déposer sur les petits contre-courants du rio Palena. Le gérant du lodge sur la Chimehuin m'a dit qu'on y prenait des Farios ( Marrones ) extraordinaires.

A faire aussi : depuis la Junta, le secteur Est , rio Figueroa vers la commune de Lago Verde plus sauvage et moins explorée.

Argentine , nord de Bariloche

On voulait aller vers le nord ( province de Neuquen , parc Lanin ) que l'on ne connaissait pas. Location de voiture ( la sempiternelle VW Gol ) chez Correntoso toujours aussi sympas et vroum vers Junin sous un ciel noir et des averses d'orages. Un ou deux regards vers le rio Limay et premier arrêt sur la partie inférieure du rio Traful près de la Confluencia et là il m'arrive le truc bête, au moment de vouloir changer de mouche, plus de boite ! Une bonne heure de recherche pour me faire à l'idée qu'elle a du tomber à l'eau …

Arrivée à Junin de los andes où fait exceptionnel on est resté 10 nuits. Les deux premières dans un truc un peu cher pour cause de todo completo car fiesta del puestero à la quelle on est allé. C'était en fait un rodeo où les candidats doivent rester 12 secondes sur un cheval et çà déménage …

Junin est idéalement placé pour la pêche, près de rivières emblématiques.

Le rio Chimehuin traverse Junin. Je l'ai essayé à différents endroits. On m'a conseillé le lieu dit \"los alamos\" au sud de la ville, passerelle puis remonter 2 kms à pied et comme partout là bas s'avancer le plus possible pour pêcher la rive opposée à ras des sauces ( saules ) omniprésents qui sont une source de nourriture pour les truites. Sur cette première tentative, je me suis fait démonter mon bas de ligne 3X par un sous marin non identifié puis j'ai sorti quand même une AEC de 45 cms. Beaucoup de petites partout aussi. Mes différents essais m'ont apporté quelques poissons 40+ mais plus de vraiment gros. Là aussi il faut être là au bon moment mais la Chimehuin a un débit important et en wading je me suis fait peur. Cà glisse et il faut un wading staff. Sur sa partie haute j'ai réussi à la traverser une fois et j'angoissais tellement pour le retour que je n'ai même pas profité de ma position pour prendre plaisir à la pêche.

Le rio Malleo est plus raisonnable en débit et bien que sur-pêché il y a du poisson. Je n'ai rien pris de plus de 50 cms mais quelques uns ( principalement AEC et un peu fario ) dans la gamme 40-50. Ces poissons ont vu pas mal de mouches et sont assez sélectifs. La partie aval dans la réserve mapuche ( 20 ar$ de droit de passage ) est plus facile d'accès et le décor est magique on y passerait des jours à l'explorer.


La troisième vallée remontant vers le volcan Lanin est celle du rio Curruhué. Je n'ai pas essayé le rio un peu petit à cette époque mais plus haut on tombe sur un lac encaissé d'une quinzaine de kms de long, le lago Curruhué grande. Très difficile de trouver un accès à part suivre un des quelques arroyos qui tombent dedans. Je l'ai fait et je suis tombé sur des Fontinalis qui dépassaient tous le kg. Des poissons à te réconcilier avec le saumon de fontaine. Quand ils sont gros ils ont un belle défense. On peut manifestement sur ce lac tomber sur beaucoup plus gros et notamment sur du salmone encerrado, le fameux landlocked salmon si difficile à débusquer. Ce lac se déverse par le très court et petit rio verde ( encore ! ) dans le petit lago verde ( re-encore ! ). On y est revenu une deuxième fois et je les ai essayés. Bilan une AEC de 50 dans le lago et j'ai essayé à vue dans le rio et je me suis fait casser par une AEC de 60 environ qui était gentiment venue chercher mon streamer en surface. Il se dit qu'à la bonne époque ce petit rio est fréquenté par les vraiment grosses marrones qui circulent entre les deux lacs.


Vu les 50 kms de piste pour arriver à ce petit coin de paradis il est recommandé de venir avec une tente pour camper au bout ( emplacements libres et petite proveduria ).

Après 10 jours à alterner ces trois vallées, départ vers le sud et premier arrêt à Villa Meliquina. Quelques belles AEC et Marrones dans le lac à l'arrivée d'un ruisseau mais il faut un peu de vent pour les tenter avec un streamer sinon le simple fait de lever le bras les fait partir. Coup du soir sur le rio Meliquina qui bouillonnait littéralement avec les truitelles qui sautaient. Vu une ou deux belles mais rien touché qui dépassait 20 cms. Comme d'habitude coup du matin nettement moins productif, les truites argentines sont comme les argentins : personne dehors avant 10h !

Arrivée à St Martin de los andes, ville nettement moins sympa que Junin et beaucoup plus friquée. Pour la pêche rien à faire dans la proximité immédiate. Je suis allé faire le coup du matin sur la sortie du lago Lolog ( rio Quilquihué ) mais je n'ai vu que des petites. Là encore probablement que la période n'était pas idéale. On a fait une excursion sur la rive nord vers le bout du lago Lacar qui devient à cet endroit le lago Nonthué tout près de la frontière chilienne et là c'était magnifique. J'ai essayé un peu l'arrivée du rio Chachin dans le lac avec un vent de face très fort et j'ai eu une touche énorme mais je n'ai rien sorti de plus de 20 cms.

A essayer un peu plus loin : le lago Queñi mais la route était coupée et çà impliquait 16 kms à pied AR alors on a laissé tomber. Là encore une tente et un peu de temps sur place permettraient d'explorer cette zone prometteuse.

Départ pour la route des 7 lacs qui est finalement assez quelconque par rapport à ce qu'on avait vu avant. Arrêt promenade sur la pointe du lago Falkner. Je vais voir l'arrivée d'un petit ruisseau et je repère un banc de plus de 20 Fontinalis de + de 40 cms dans le courant. Le temps de me décider, un des nombreux campeurs présent sur place les avait vus et l'armada des cuillères suivait. J'ai laissé tomber l'idée d'essayer. Ce coin paradisiaque était une véritable décharge à ordure en fin de saison. Le grand écart avec la solitude et le caractère sauvage du Curruhue grande !

Deuxième arrêt au bord du rio Pichi Traful. Je décide de le descendre à pied pour aller voir son arrivée dans le lago Traful. Après 20 minutes de marche, arrivée dans un camping libre au milieu des fogones ( barbecues ) , des groupes de kayakistes et des poubelles abandonnées… J'ai essayé un peu et dans ces eaux cristallines j'ai aperçu quelques belles pièces. Là encore il est probable que un mois plus tard l'affaire aurait été différente.

Arrivée enfin à Villa Angostura, ce petit village n'est pas vraiment friqué, c'est carrément St Tropez. Des hotels , cabanas … etc magnifiques à 200 US$ la nuit ( par personne bien sûr ). Tout çà pour pas grand chose point de vue pêche car le lago Nahuel Huapi est un peu grand pour le pêcheur sans bateau. J'ai donc fait la seule chose possible : l'arrivée du rio Bonito dans le lac et je n'étais pas le seul pêcheur coincé à terre ! Très rapidement j'ai sorti une AEC de 60 puis … plus rien. Ce genre de pêche à l'aveugle au streamer c'est un peu la loterie et il faut reconnaître que çà n'est pas très captivant.

Le lendemain on a été visiter l'écloserie installée au bord du rio Bonito. Le gars était très sympa et on a passé un bon moment avec lui.

Et voilà c'est tout pour cette fois mais plein d'idées dans la tête pour une éventuelle prochaine fois. Je resterai fidèle au DIY ( do it yourself ). Une truite prise sur le rio Chimehuin en cherchant à pied le coup où essayer vaut à mon avis 10 truites prises en flotada avec guide qui rame pour toi ! Ceci dit il semblerait que faire une flotada de la lower Chimehuin à la bonne saison reste une expérience incroyable … gardons nos rêves !