Martine et Olivier ALLAIS

Chambres et table d'hôtes dans les Hautes Corbières

Résumé de la partie "pêche" du voyage 2009 en Argentine et au Chili

Publié le mardi 17 mars 2009


Sur le même principe que 2007, un petit resumé sur le voyage pour la pêche.

Là aussi, ce voyage n'était pas un séjour de pêche mais un séjour à deux ( et parfois 6 ou 8 en fonction des rencontres ) où j'amenais une canne à pêche avec moi. La nuance est importante mais c'est un compromis ...

Pour tirer un peu les leçons d'il y a 2 ans j'amène avec moi des waders de qualité achetées à Toulouse avant de partir et mon épuisette qui trouve sa place dans mon nouveau sac de 70l.

Cependant, je pense avoir pêché plus qu'il y a 2 ans et je vais essayer d'être plus précis pour ceux qui seraient tentés par l'aventure ( et pour moi car j'ai tendance à oublier ).

1ère semaine Argentine/Calafate

En fait je n'ai même pas pris le permis, a priori pas de truite à chercher vers Calafate. J'ai questionné le seul guide/magasin de pêche et il m'a ( honnêtement ) déconseillé de tenter ma chance ...

2ème semaine Chili/Cerro Castillo

Là j'avançais en terrain plus connu puisqu'on y avait passé un soir il y a deux ans. Donc deux séries de 3 nuits passées chez Hector et Cecilia au bord du lago Tamango ( lago central sur certaines cartes ). En fait toute cette zone dans le boucle du rio Ibañez est constellée de lacs dont les 2 plus grands sont les lagos Lapparent et Tamango. Mais de ce que j'ai pu voir, tous ces lacs ont des truites. Le Lapparent est réputé avoir les plus grosses ( 3 kg en moyenne ) mais il faut y aller avec un bateau. Il y a deux problèmes principaux sur ces lacs :

  • l'accès passe par des terrains privés et souvent les bords sont constitués d'une frange de roseaux.
  • le vent est quasi permanent et plutôt fort dans le coin ....

J'ai pêché principalement le matin et le soir dans l'anse qui est au pied des cabañas. Avec des waders je faisait le tour de l'anse en avançant doucement et il faut surveiller les bords car de belles truites vont se nourrir à ras des berges et si on est discret et précis on peut pêcher à vue. Sinon une nymphe ou un streamer au delà de la bande d'herbe aquatique et un peu de chance.

Au total j'ai pris une quinzaine de truites ( + de farios que d'arcs ) entre 40 et 55 cms et mon poignet un peu lourd au ferrage fait que j'en ai laissé encore plus avec mes mouches dans la gueule !

quelques photos :

arc tamango fario tamango

Désolé pour les photos de poissons mais ne n'ai pris en photo que 2 de celles que j'ai gardées et j'étais seul... Après cet épisode je ne garderai plus un poisson mais je dois bien reconnaitre qu'un filet de truite c'est pas mauvais ... Pour me rattraper quelques photos du coin :

de petits lacs ... la baie sous les cabanas

J'ai voulu aller à Lapparent par la piste qui passe par le lago alto et je me suis fait une peur bleue en passant en voiture avec les pneus à 20 cms d'un direct de 200m ... Je pensais ce coin très isolé mais un peu partout on voit des cabanes plutôt sommaires et aussi des Fundos ( version allégée de l'estancia ).

On y croise aussi des pêcheurs ... des comme moi qui se débrouillent et des accompagnés de guides c'est à dire avec un 4X4 qui tire ce que j'appelerai le bateau de pêche typique du guide : 2 boudins gonflable et 3 sièges montés sur la structure, le guide rame au milieu et les clients pêchent les bordures de chaque côté ...

Entre ces 2 séjours on a fait un saut à puerto rio tranquilo avec l'idée de monter voir la vallée los exploradores. La surprise pour le pêcheur c'est cet arrêt casse croûte au bord du rio Engaño qui est d'une couleur un peu laiteuse mai j'essaie quand même et dans le peu de temps imparti je touche quand même un poisson et cette fois ci j'ai un reporter sous la main :

j'y crois pas ! va faloir aller la chercher

mais sans l'epuisette ? ah ....

Obsédé par la photo j'en oublierai même d'évaluer vaguement le poisson avant de le relâcher ...

Quand à la vallée des exploradores c'est tout simplement magnifique regardez par exemple un des rios avant le gros glacier et le lago Bayo :

rio exploradores

J'ai essayé et j'ai touché quelques petites truites puis après c'est de l'eau de glacier ( grise et sans oxygène ) donc pas de truites. La discussion avec un des guides qui habite à puerto rio tranquilo me confirme que ici rien de bien gros à attendre et il me recommende le coin suivant : Puerto Murta, remonter le rio Murta sur 1 km et le premier affluent rive gauche qu'il nomme rio muerto (sic) serait intéressant. Je n'aurais pas le temps d'essayer ...

3ème semaine Chili/Cochamo,Cayutué,Peulla

Remontée à Puerto Montt pour essayer de trouver des coins sympas. Le gars de LAN à Coyhaique me déconseille le lago Llanquihué qui est immense. De toutes façons çà ne me tentait pas alors il reste le rio Petrohué ( reliant le lago Todos Los Santos au fjord de Reloncavi dans la mer ) mais il pour le pêcher dans sa partie inférieure il faut le remonter en bateau et je veux me débrouiller seul ! Alors on continue la descente sur les pistes à l'est du Reloncavi et on s'arrête à Cochamo. J'aurais bien continué jusqu'au rio Puelo mais c'est encore 45 kms de pistes et on a loué une kia citadine qui souffre ... de plus d'autres personnes rencontrées me promettent une grosse quantité de pêcheurs sur la partie basse du rio Puello donc stop! On se trouve un petit hospedaje sympa à Cochamo ( Hostal Maura )

On peut suivre le rio Cochamo par une piste depuis son embouchure sur 6 ou 7 kms mais ... c'est plein de panneaux "proprietad privada" et le gars à l'oeil pour vous demander 10000 pesos pour jouir de ces magnifiques prairies, donc il faut ruser.

J'essaie en 2 ou 3 endroits , je prend plein de petites et je n'en vois que 2 qui étaient vraiment intéressantes.

rio cochamo bas

Le rio est très bas, l'eau est très claire et donc pas très facile à pêcher.

Le lendemain nous partons randonner après ces 7 kms de pistes par un sentier "pyrénéen" qui monte dans une forêt luxuriante et on entend le rio dans le fond. Après 1 h on croise le rio piedra presque à sec que l'on redescend pour trouver le lit du rio cochamo qui n'a plus rien à voir avec le rio du bas. Des blocs de 4 à 5 m de diamètre et l'eau qui se fraie une voie dans ce dédale en faisant parfois de vraies piscines très sympas à pêcher mais si je touche beaucoup de poisson, rien au dessus de 25 cms ... je prend même du saumon de fontaine !

rio cochamo haut

En repartant je reussis à convaincre Martine d'aller jusqu'au lago Cayutué que le gérant de l'hostal nous annonce à 4h de marche en montée alors que finalement on le trouvera à 1h 1/2 plutôt en descendant ... La ballade est très sympa et on suit un groupe de chilien qui va y camper et ... pêcher. Ils m'expliquent qu'il s'arrangent avec un des gars qui ont une maison pas loin et des bateaux sur le lac pour leur emprunter ceux ci et effectivement un autre pêcheur rencontré plus tard m'expliquera lui aussi que c'est la manière de pêcher ce lac, le traverser pour pêcher la rive en face ou le rio Cayutué et trouver de belles farios. Mais nous n'avons pas assez de temps donc sur la partie ouest je pêche un peu à l'aveugle et sur le seul gobage que je vois, une arc en ciel de 35 cms. Il faut vraiment y aller pour camper ... Ce lac fait partie du parque V.P.Rosales mai pas le rio !

Nous dormons le soir à Ensenada au camping et le cuistot brésilien qui est pêcheur m'explique où il pêche le saumon à la cuillère dans le lac Llanquihué ( avec succès selon lui ) et comme je lui montre mon intérêt pour pêcher le rio Petrohué depuis le bord, il me donne un bon coin pas très éloigné. Le lendemain je me lève avant l'aube pour trouver la kia sans batterie car la lumière du coffre mal fermé a suffit à la sécher ! Bye bye Pétrohué ...

salto del p�trohu�

Pour repasser en Argentine on a choisi l'option grand luxe : traverser par le lac todos los santos et dormir à Peulla au milieu du par Rosales. J'ai le sentiment que çà doit être bon pour la pêche.

En fait on a même choisi de passer 2 nuits là bas. L'hotel est placé à l'arrivée du rio Peulla dans le lac.

peulla

Les 2 hotels sont à gauche, le lac au fond et le rio complètement à droite. Hélas la zone au milieu et un marécage ...

Donc quand je me renseigne sur les possibilités de pêche chez les guides, le jeune qui est là me dit que c'est 45000 pesos pour aller avec un guide à l'arrivée du rio sur le lac. Je trouve çà trop cher, mais coincé ici et après discussions je me mets d'accord pour aller pêcher le rio negro ( affluent du Peulla ) le lendemain pour ce même prix. Puis je lui signale que s'il a d'autres clients je veux bien partager ... En fait au retour d'une balade il me donne son accord pour 20000 pour aller en bateau au rio et j'accepte. Je me fait donc déposer à 18h avec rendez vous à 19h30 pour repartir. Là c'est évidemment le bon coin je prend très rapidement une arc en ciel de plus de 2 kgs puis décroche une autre. J'ai peu de temps et j'essaie un peu le rio en remontant et je me fais casser une fois ...

Le lendemain je pars donc pour ma première ( et probablement dernière ) sortie de pêche accompagné d'un guide. On passe le rio à gué en 4X4 et on arrive sur le rio negro et là .... bof on prend quelques arcs de 25 cms maxi et basta , je ne vois rien d'extraordinaire à faire ... rideau ! Le jeune guide est très sympa mais il est surtout ici comme salarié de la multinationale Peulla & Co!

L'après midi après une super balade dans la forêt au dessus de l'hotel ( ça monte raide vers un lac à plus de 1000m de dénivelé qu'on ne cherchera pas à atteindre ) on part à pied sur la piste pour un endroit où on peut accéder au rio Peulla ( 1h de marche ) et là je commence à pêcher et ... il y a bien du poisson contrairement à ce qu'ils m'ont dit! La preuve : je croise un pêcheur qui me parle de percatrucha. Je ne comprend pas de quoi il parle jusqu'à sortir çà :

percatrucha ?

C'est vraiment bizarre et çà se défend bien !

Mais en insistant un peu je commence à sortir des arcs en ciel et farios entre 30 et 40 cms qui ont une défense magnifique amplifiée par la puissance du courant.

Puis une un peu plus grosse part comme une fusée dans le courant au point que j'appelle ma photographe préférée et que je lui demande l'épuisette ...

bzzzzzz..... enfin ....

merci !

Certes on est pas dans les 4 kilos mais c'est sympa et le contraste est saisissant avec la déception du matin .... Je pense en plus qu'en redescendant cette berge du rio on doit pouvoir arriver vers le lac là où j'avais pêché la veille. Conclusion : on peut se débrouiller seul, il suffit d'avoir de bonnes jambes ( et du temps ) !

4ème semaine Argentine/

Arrivée à Bariloche, chercher une tente, une voiture et acheter la licence de pêche. Je prend la licence pour une semaine à 250 AR$ ( environ 60 euros ) la saison complète est à 350 AR$. Les prix sont 10 à 15 fois supérieurs pour les étrangers "lointains" que pour les argentins et résidents des pays limitrophes !

La réglementation est détaillée pour les provinces de patagonie dans un livret, rio par rio. La tendance générale est fly only ( 1 mouche, hameçon sans hardillon ) et no kill. Quand on a le droit de prélever c'est 1 ou 2 poissons de moins de 35 cms !

Une fois équipés on part à 4 dans notre kangoo sur les pistes du parc Nahuel Huapi. Les lacs sont immenses et très beaux mais j'espère surtout sur la rivière qui les connecte qui n'est autre que le rio Manso qui finit sa course en affluent du rio Puello au Chili. Premier spot de camping au bord du rio Manso juste au dessus des chutes vers le lago Rocca. La rivière est d'un bleu turquoise incroyable dans cette forêt

alto rio manso

Je vois quand même pas mal de pêcheur mais pas de poissons. Un gars du coin me dit que les grosses sont bien là mais qu'il faut pêcher à la tombée de la nuit avec des mouches plutôt blanches. J'essaie mais en vain. On migre ensuite vers le début du rio Manso et le volcan Tronador mais là pas de pêche possible car eau de glacier.

On sort de ce parc pour se ravitailler à El Bolson où on passe une nuit. Je fais le coup du soir sur le rio Quemquemtreu jusqu'à sa confluence avec le rio Azul et je le continue le lendemain matin avant le départ. Beaucoup de truites arc en ciel mais çà culmine à 30 cms. Niveau des eaux bas, beaucoup de saules en bord de rivière et qualité des eaux parfois douteuse ...

Départ ensuite pour le parc "Los alerces" et premier arrêt à la fin du lago Rivadavia. On cherche un coin de picnic en s'enfonçant dans la forêt, on se perd mais on finit par déboucher vers le début du rio Rivadavia à la sortie du lac. Zone marquée mouche et no kill. Couleur incroyable. Dans la partie calme du début sous les arbres je vois de belles truites roder. Je monte ma canne et j'arrive à en séduire une mais trop impatient, je casse au ferrage puis sur une deuxième séduite par ma mouche j'avais trop de mou dans la ligne ...

rio rivadavia

Je vais jusqu'au premier rapide un peu plus loin et là c'est un spectacle incroyable! je me pince pour y croire, dans le premier courant les truite de 40 à 50 cms grouillent litéralement. L'eau est limpide on les voit s'alimenter dans le courant, c'est un spectacle fascinant ( pour un pêcheur ). Par contre les pêcheurs grouillent sur la rive ! Je reste plus d'une heure à essayer toute ma boite de mouche en vain. Je reviendrai le lendemain y passer l'après midi mais en vain aussi. La seule consolation c'est que les autres ne font pas mieux, y compris ceux avec guide de pêche ...

rio rivadavia : le bouchonet pourtant elles sont là  !

Le lendemain par contre dans la partie calme, je débusque une fario de 4 à 5 kilos en bordure mais impossible de la faire mordre.

Après 2 nuits passées dans le parc Los Alerces et sous un temps pluvieux et frais j'essaie de convaincre le groupe de passer au Chili vers Futaleufu mais je ne suis pas assez persuasif. Pas grave j'ai mon plan B : direction Corcovado et le rio du même nom.

Arrivée donc dans le petit village de Corcovado après un gros paquet de pistes en ripio et enfin un village pas touristique qui rappelle en fait la patagonie chilienne ! On arrive à se trouver 2 nuits dans une chambre de 4 dans une petite auberge qui sert de base à une organisation de rafting sur le rio Corcovado.

rio corcovado du pont près de l'auberge

Sur le rio Corcovado on touche de près le problème de la pêche en Argentine : l'accès aux spots de pêche ! A part au pont près de l'auberge où il y a en permanence 3 pêcheurs, 6 baigneurs et 25 rafteurs, c'est la galère. Je réussis à passer une barrière à 6 kms en amont pour trouver une zone avec une grosse pollution agricole et des algues vertes en abondance qui se collent à la soie. Je croise un groupe de 3 argentins qui pêchent à la cuillère dans cette rivière indiquée solo mosca sur mon permis. D'une manière générale sur cette partie le rio coule de manière assez rapide sans cassures et avec des berges recouvertes par des saules donc difficile de trouver un bon spot. Le lendemain matin je fais 15 kms de piste et après un affluent presque à sec je me gare et je pars vers le rio que j'atteins en un peu moins d'une heure de marche dans un terrain difficile où l'orientation est problématique. Mais ... enfin je trouve une cassure de pente à 45 degrés qui fait une belle chaussée et je peux la pêcher. Sur ce spot je prend 1 arc en ciel de 35 et 3 farios entre 40 et 50 cms qui me récompensent des efforts faits pour arriver ici ! Puis il est l'heure de retrouver son chemin et d'aller trouver les autres pour leur réveil !

Le soir j'essaie en vain le début des gorges après le pont. Le coin est magnifique et le rio est réputé pour ses remontées de saumon Coho ( le rio Corcovado nait du lago Vinter et repart vers le Chili où il devient rio Paloma ). Dans l'après midi j'ai fait les gorges en raft avec mes fils et un autre pêcheur hébergé à l'auberge avec nous. C'est vraiment très beau, les pools sont incroyables mais nous y avons vu un spectacle affligeant : un cormoran mort suspendu à une branche haute par une ligne de pêche qu'il avait avalé ...

D'une manière générale on voit pas mal de cormorans ou assimilés , des martin pescadors qui sont un peu comme les notres en beaucoup plus gros :

martin pescador

Le lendemain matin pour ce que je pensais être mon avant dernier jour de pêche, je me lève et repart vers mon coin de la veille mais ... il fait 4 ou 5 °C le vent est fort, il pleut et la neige est descendue très bas ... La veille il faisait plus de 25°C ! Je peine à retrouver l'endroit sans le repère des sommets visibles et après une heure éprouvante je sors une fario de 40 cms et je plie ma canne pour la dernière fois. Dans ce temps bouché il m'est arrivé un truc dont on rigole généralement après : je pars à 90° du rio direction la piste et après 10 mn de marche à zigzaguer entre les arbres et les buissons , j'arrive droit sur le même rio mais dans un coin inconnu ! D'où l'utilité d'une boussole que je n'avais évidemment pas. Je mettrai plus d'une heure pour retrouver la piste et la voiture ... Une fois rentré nous dégageons pour Esquel et la suite des vacances.

La suite : Argentine/Valdes,Buenos Aires,Iguazù,Salta

La canne et les waders rangés au fond du sac puis mis en consigne dans une auberge de jeunesse ... Il faut de tout dans un voyage. En tous cas j'en aurais pris plein les yeux et je reviens avec des souvenirs plein la tête et ... l'envie d'y repartir !


Post Scriptum

Un livre très bien fait que j'ai acheté après mon retour et qui parle de la pêche en Argentine "un peu à la roots" :
Fly fishing Patagonia : A trout's bum guide to Argentina.
On peut noter que sur la page de leur site, la photo bandeau en haut représente le fameux pool du rio Rivadavia. Comme quoi même sans indication, les pêcheurs finissent toujours par trouver les spots ...


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