Martine et Olivier ALLAIS

Chambres et table d'hôtes dans les Hautes Corbières

Résumé de la partie "pêche" du Tour du monde 2007

Publié le lundi 26 mars 2007


Un petit resumé sur le tour du monde 2007 concernant la partie pêche ( Nouvelle Zélande et Chili ).

Je précise que ce voyage n'était pas un séjour de pêche mais un séjour à deux où j'amenais une canne à pêche avec moi. La nuance est importante mais c'est un compromis ...

Je n'aborde evidemment que la NZ et le Chili car question pêche à la truite ( y en a-t-il une autre qui vaille ? ), la Thailande et Sydney/Melbourne c'est pas vraiment çà ...

NZ South

Arrivée à Christchurch et ASAP filé dans un des magasins spécialisés pour acheter la licence ( 92 $ pour la saison et toute la NZ sauf Taupo , pour mémoire 1 NZ$=0,5€ ), quelques mouches et des waders les moins chers possibles. Impressioné par la taille des mouches noyées, on dirait des streamers à brochet !

Le lendemain traversée de la plaine de Canterbury et on attaque vers Arthur Pass. On est vraiment dans les pyrénées et on commence à croiser quelques lacs qui paraissent sympas. On campe au bord du lac Georgina atteint après qq kms de piste et je pêche le soir dans un vent très fort en noyée sans voir le moindre poisson. Je vois 2 pêcheurs passer dans la soirée et ils n'ont pas plus de succès. Le lendemain matin mêmes conditions et on s'en va. Passés aux bords de quelques lacs qui me paraissent tous grands et difficiles à pêcher du bord. Halte le midi au bord du lac Sarah qui est pêchable sur une petite partie sans roseaux, le tout dans un joli décor et je vois enfin mon premier beau poisson : une truite qui vient marsouiner à 15 mètres de moi et que j'ai prise pour un canard, vue sa taille ! Hélas la piste qui longe le lac est en cours de réfection et les camions et bulls se succèdent et rendent le coin assez peu sympa pour Martine et, compatissant avec elle, j'abandonne et on lève le camp.

Descente vers le lac Brunner et arrêt au bord de la Crooked river. Belle rivière que je remonte sans voir un poisson et je me fais une belle frayeur en la traversant en queue de pool. Méfiez-vous des eaux claires, elles sont toujours plus profondes qu'il n'y parait. Deux pêcheurs redescendent après moi et n'ont rien vu non plus ... Le lendemain un peu plus bas, toujours un tributaire du lac Brunner, l'Orangipuku. Il me semble comprendre maintenant que dans ces eaux très claires il ne faut pêcher que à vue. En longeant la rive , je débusque 2 ou 3 truites mais dans des positions totalement impossibles à attaquer ! Dommage, car la plus belle était en activité et dépassait les 60 cms. En repartant, un essai le temps d'un casse croûte sur l'Arnold river, où je fais partir une grosse de la berge mais débit encore trop important à mon goût.

Côte Ouest arrivée à Punakaiki. Endroit magnifique. J'essaie brièvement 2 rivières La Punakaiki et la Pororari.

pororari punakaiki

Je rencontre 2 pêcheurs australiens dans la 1ère qui ont le même livre que moi ( tous les pêcheurs étrangers semblent l'avoir avec eux ) et qui, comme moi, n'ont rien vu. Le moucheur m'avoue que depuis 15 jours seul son copain pêcheur à la cuillère a pu trouver de jolis poissons ! La Pororari est sujette à une balade enchantée avec un sentier qui la suit pendant une heure. J'essaie 2 ou 3 pools en vain.

Remontée ensuite de la vallée de la Buller river qui est vraiment trop grosse pour séduire un moucheur et après Murchison on trouve un campement au bord de la Owen river. J'essaie une petite section le soir et je finis la soirée en prenant une fario de 30 cms. Pas terrible mais ça rassure ... Le lendemain je continue où j'en étais resté la veille et la rivière devient plus ouverte et intéressante. En faisant travailler ma nymphe au début d'un pool je vois que ce que je prenais pour une grosse branche immergée est une belle truite ... je lance ma nymphe, la branche se déplace, je ferre au jugé et elle est bien accrochée ! Hélas après 5 secondes de rush je casse ! C'est décidé j'arrête le 12/100 , je me décide à faire mes raccords avec des blood knots plus solides ... etc. Bref plein de bonnes résolutions qui ne suffiront pas car c'est loin d'être ma dernière casse et dire que je n'ai pas pris d'épuisette !

Depuis St Arnaud, bllade au bord du lac Rotoiti impêchable avec le vent dans le nez. L'idée était d'aller au bout pour essayer la Travers river mais c'est 3 heures AR mini et Martine n'est pas en forme alors on se contentera de paysages Pyreneneens magnifiques.

lac rotoiti

Retour sur la Owen river et cette fois-ci, j'essaie de "spotter" les truites et effectivement j'en vois quelques unes très belles mais super-peureuses j'ai beau essayer de rester loin du bord, à mon premier faux lancer c'est la débandade !

Descente vers Abel Tasman le long de la Motueka river que j'essaie en plusieurs endroits mais sans succès. Cette rivière est réputée et probablement à juste titre. Elle mériterait un peu plus que les séances d'1/2 heure que je lui consacre.

Après Abel Tasman une soirée sur la Riwaka plutôt petite où je ne repère qu'un pool avec 2 beaux poissons qui resteront sourds à mes sollicitations. Je commence à désespérer.

Dernière chance avant de passer sur l'ile du nord : la Pelorus river qui est longée par une route ce qui ne la rend pas très captivante à pêcher et encore moins pour y poser le camping car ... on se déplace sur la Rai river affluent de la Pelorus qui est plus colorée et dans un paysage de prairies. Le soir j'arrive à repérer 2 ou 3 beaux poissons que je me promets d'essayer le matin tôt car il est trop tard. Chose dite chose faite je vais direct au plus beau des pools repérés la veille et parmi les gobages des petites, j'en repère un plus discret et au premier essai bingo ! Ca tire fort et au bout de 5 secondes je n'ai pas encore cassé ... En quelques minutes j'arrive à amener sur les galets une jolie AEC bien dodue qui ne fait que 55 cms mais qui fait bien mon bonheur.

enfin !

Le truc bizarre c'est qu'en la ramenant elle était suivie par une anguille énorme qui en aurait bien fait son repas !

 

NZ North

Arrivée a Wellington puis dans la soirée départ directement vers Taupo car le temps commence à presser. Arrivée le long de la Tongariro river qui a l'air célèbre pour la pêche à la mouche. Je m'arrête sur un pool ( ils ont des noms et sont indiqués depuis la route ! ) et je vois le panneau :

panneau taupo

Moi qui aime la pêche dans les endroits tranquilles ça promet ! On se promène sur la passerelle suspendue pour aller vers le pool et effectivement je vois quelques farios et arcs d'environ 2 ou 3 livres en poste dans le courant et ... un seul pêcheur. Je comprendrai ensuite que la rivière "ne vaut rien" en ce moment ... Arrivé à Turangi, achat de la licence spécifique Taupo ( environ 30 NZ$ pour 1 semaine ) et recherche d'un coin dodo/pêche au bord du lac, l'idée étant de trouver une arrivée de rivière puisque c'est là qu'on a le plus de chances de toucher qq chose du bord. On se fixe sur un petit stream ( Waiotaka ) et dans l'après midi je teste ces fameuses mouches imitation smelt toujours dans un vent fort et ... ça marche puisque j'accroche un mâle AEC d'environ 2,5 livres que je ne trouve pas très combattif et plutôt maigre pour sa taille.

truite taupo

Dans la soirée je réessaierai un petit peu mais je suis accompagné à la tombée de la nuit par un couple qui s'aligne derrière moi. Ici la pêche de nuit est populaire mais moi personellement ça ne me branche pas ...

Le lendemain arrêt sur la rivière Waitahanui à son arrivée dans le lac, le vent a encore forci on dirait la mer un jour de grand frais ! Quelques pêcheurs essaient quand même de braver les éléments mais je décide de tenter la rivière qui s'avère très difficile. Elle est étroite, peu pentue avec un courant rapide et les berges encombrées de végétation. Je vois quelques beaux poissons partir à mes pieds et après en avoir répéré je réussis à faire le tour et attaquer de l'autre rive et je loupe une belle qui attaque ma nymphe mais ma soie est trop détendue pour le ferrage ... Et ici quand une truite est loupée pas la peine d'insister.

Après Taupo, direction Rotorua, lac moins grand et profond. D'après le livre de Kent, janvier serait la bonne époque car l'eau du lac se réchauffant, les truites se regroupent vers les arrivées d'eau pour chercher la fraicheur ( bien sûr là encore le soir et la nuit ). Donc recherche du bon endroit et je commence à essayer sur l'arrivée de la Awahou dans l'après midi. Je m'avance dans l'eau très loin sans jamais dépasser la hauteur des genoux. Le problème est de repérer la trace du courant de la rivière dans le début du lac. La température ressentie dans les cuissardes aide bien. Pêche fastidieuse et pas très intéressante on lance loin et on ramène en fait c'est de la pêche à la cuillère avec une canne à mouche ... Dans la soirée je casse deux fois sur des truites, je deviens fou, je n'ai pourtant pas l'impression de ferrer très fort. Où est mon erreur ? Je pense que ces lancers répétitifs fatiguent le fil au niveau de l'attache de la mouche et peut-être faut il refaire le noeud plus souvent. A 19 heures arrivée d'un couple de pêcheurs qui vient s'aligner sur moi ( super , je suis le chef alors que je ne connais rien au coin ), puis ça commence à se succéder et bientôt on fait une file impressionante ( quand je partirai, on était 9 ou 10 et d'autres arrivaient ! ).

vraiment l'heure de pointe !

C'est amusant à voir et à entendre, certains se retrouvent à la sortie du boulot et se racontent leur journée de travail tout en ramenant leur streamer.

Ce sera hélas tout pour la NZ car après notre programme nous éloigne des bons coins à truite et le Northland c'est plutôt la pêche au Marlin qui n'est pas mon truc a priori et de toutes façons probablement pas dans mes moyens.

Chili

Arrivée à Chaiten et départ pour le parc Pumalin et ses balades où je crains un peu pour la pêche car dans les quelques cartes que je regarde je ne vois rien de très sexy. Effectivement on essaie les 2 emplacements de camping au bord des lagos Blanco et Negro et ces 2 lacs sont entièrement entourés de roseaux et toutes mes tentatives pour accéder à l'eau libre sont vaines : sans bateau pas de salut ! La prochaine fois j'en amènerai un sur mon sac à dos. Continuation sur Caleta Gonzalo et les rivières croisées sont d'une eau grise métallique peu engageante pour un pêcheur à la mouche. Camping à Caleta Gonzalo au nord du parc et au bord de la mer ou se jette le rio Gonzalo plutôt petit avec une eau très claire. J'ai juste le temps d'essayer près de la tente et je sors quelques petites donc ... Le lendemain matin je remonte le rio très joli qui fait penser à un torrent pyrénéen avec un lit plus large, en 2 heures je sors au moins 50 truites ( farios et AEC ) mais rien qui dépasse les 25 cms. C'est un cadre superbe, hélas je me prends quelques averses sur le nez mais c'est surtout très frustrant. Il faut bien partir et au moment du départ je m'approche du tidal pool ( la partie de rivière qui n'est rivière qu'à marée basse et je vois plein de gobages de petites mais je fais partir un bel engin en m'approchant ! C'est peut-être là qu'il fallait essayer.

Départ vers le sud du parc et d'autres balades sympa mais rivières grosses et grises et finalement camping au bord d'une petite rivière où je vois quelques farios mais rien qui me décide à sortir la canne. Je ronge mon frein ...

Le lendemain départ vers Futaleufu et en route balade vers le glacier Yelcho. Le rio qui en sort est gris ... le gars du parking me dit que c'est sans espoir mais qu'à côté il y a un coup super et me colle son fils Mathias 10 ans à qui il passe une canne à mouche et qui m'emmène après 10 minutes de marche sur un petit pool où il perd la mouche de son papa et où je sortirai deux AEC de 20 cms ... Je n'avais qu'une demi heure devant moi et peut être que ça aurait pu être approfondi.

On longe le rio Futaleufu qui lui est magnifique. Une eau bleue et un débit impressionant. C'est la mecque des Rafteurs et Kayakistes mais il faut être pro pour tenter certains passages ! Sur le pont qui l'enjambe et où embarquent/débarquent les rafts on s'arrête un peu et je vois dans le "calme" en dessous un paquet de farios de 40 cms qui naviguent dans le courant. Ca sent bon ...

On bifurque finalement juste avant Futaleufu pour le lago Espolon où on trouve un coin sympa pour camper. On est à la pointe du lac où se forme le rio Espolon et sur cette pointe où le courant se forme, plein de gobages et ... de pêcheurs. Une fois la tente montée j'y vais et je commence à sortir des AEC mais rien de bien gros. Le lendemain idem, la plus grosse fait 35 cms. Le gars du camping m'explique que 2 kg c'est vraiment le max dans ce lac immense car en dessous le rio ( affluent du rio Futaleufu ) fait une chute infranchissable pour les poissons. Quant au lac bien entendu, à part la pointe il est encaissé dans les montagnes et sans bateau pas d'espoir ...

On va donc voir cette chute impressionante en effet et le lendemain on découvre qu'il est impossible de trouver de l'essence à Futaleufu donc on reste scotché à Espolon pour 3 jours, ce qui signifie pas d'exploration pour la pêche. Je décide donc de contourner tout ça pour rejoindre le rio Espolon à pied en 1 heure et je déboule sur le 1er pool pêchable après les gorges. Et là c'est vraiment un pool de rêve mais pas facile d'accès. Je vois effectivement monter quelques poissons tentants ! Je décide d'essayer en sèche et au bout d'un moment enfin un gobage sur ma mouche, un départ en furie et il me faut 5 bonnes minutes pour voir le poisson qui essaie de prendre le courant et j'arrive à la saisir par la machoire. Elle ne fait que 55 cms mais elle est bien grasse et c'est une fario ... Celle-là hélas pour elle je la garde car on n'a rien à manger ce soir et taillée en filet elle sera excellente sur le feu de bois. Le lendemain avant notre départ je me lève tôt et je reviens de l'autre côté du pool où je prendrai une AEC du même accabit avec une défense magnifique.

fario rio Espolon

Il faut partir hélas mais ce rio Espolon était prometteur ...

Quelques jours ( sans pêche ) plus tard on passe vers Villa Cerro Castillo sous la pluie dans le froid et je bifurque vers une série de lacs sur une piste perdue et au seul endroit accessible de la piste j'essaie un peu et je vois quelques poissons de 40 à 50 cms rôder le long des berges mais sous la pluie et la grêle je n'arrive à rien. On continue la route mais je note l'endroit pour le retour.

Arrivée à Puerto Tranquilo où je ne peux qu'admirer le lac General Carrera ( 2000 km² ) mais qui est vraiment trop grand pour être pêché du bord à la mouche. Ici encore il faut un bateau et ... la connaissance des coins où on peut essayer sans perdre trop son temps. On monte au dessus vers le lago Tranquilo plus petit ( au moins la taille du Lanoux quand même ) et je pêche à l'arrivée d'un ruisseau quelques AEC mais rien au dessus de 25 cms. Mes explorations pendant 2 jours dans le coin s'avèrent infructueuses. Il y a sans doute à faire mais il faudrait plus de temps, plus d'infos ou ... un bateau.

Retour vers Coyhaique et arrêt aux lacs aperçus à l'aller le temps est au beau mais le vent est très fort et l'air très froid. Le propriétaire des cabanas vues à l'aller est là et il accepte de nous louer une cabana pour une nuit. C'est donc ma dernière occasion de pêcher. Il me propose un bateau pour aller aux endroits sympas mais seul dans un bateau avec ce vent je refuse et je m'avance devant les cabanas sur un endroit en pente douce et commence à pêcher en noyée contre un vent très fort et glacial. Au premier faux lancer ma mouche est prise par un poisson qui part en furie et je n'ai pas le temps de libérer la soie que je suis déja cassé ! En plus au milieu du plus gros brin de mon bas de ligne sur du 18/100 ! Il devait y avoir une faiblesse à ce point. 2 heures de pêche ensuite ne donneront plus rien. Hector le propriétaire des cabanas me dit que ce lac est un des meilleurs du chili pour la truite maron ( fario ) mais qu'il faut absolument prendre un bateau pour aller dans d'autres coins. Je le crois volontiers mais le bateau seul avec une canne à mouche et du vent j'ai essayé une fois et je ne recommencerais plus. En tous cas ces cabanas sont faites avec goût et vous pouvez les voir ici .

lago tamango & cerro castillo

Sûr que si je repasse dans le coin, je m'arrête 4 ou 5 jours chez Hector.

Conclusion

C'était super mais le défi que je m'étais lancé , à savoir partir avec une canne à mouche seulement et sans épuisette , était peut être un peu idiot car certaines fois j'aurais pu tenter à la cuillère quand les conditions n'étaient pas favorables pour la mouche. On ne fait rien de parfait mais en gros j'ai adoré et de toutes façons je ne me résoudrai jamais à aller dans un lodge de pêche à 500 US$ la journée et je préfèrerai toujours la découverte au jour le jour.

Dans un voyage come ça, il ne faut donc pas hésiter à emmener plus d'une canne et des waders de qualité ( mon achat de Christchurch s'est percé plusieurs fois ). Ensuite il faut trouver les bonnes infos. En NZ c'est relativement facile avec les bouquins de John Kent achetés ici avant de partir. Au chili c'est une autre histoire et ça s'agrave avec les cartes car il est impossible de trouver une carte détaillée des lieux visités. Les cartes des dépliants touristiques et cartes routières se contredisent et ça reste en gros la découverte. En NZ tout est très pêché mais les possibilités sont très nombreuses et on peut trouver des coins tranquilles sans problème. Au chili c'est beaucoup moins pêché mais le problème reste de trouver un point accessible ...

L'idéal c'est quand même d'être au moins 2 pêcheurs à entreprendre ce genre de voyage car à deux on peut prendre un bateau ( quand on en trouve un ) et on peut oser s'aventurer un peu plus le long des rivières quand il n'y a pas de piste ...